Master class de musique de film avec Jean-Michel Bernard, jours 4 et 5

Posted on mars 17, 2014

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Les plaisirs de la table à Aubagne…

Pardonnez-moi ce petit écart dans la régularité dans ce journal de la master-class. Plusieurs explications à cela. Tout d’abord Jean-Michel est tombé malade et était absent les deux derniers jours. Par ailleurs, nous avons tous le nez sur le guidon avec la mise en musique des extraits de films qui nous ont été confiés. Que vous dire de ces deux jours ? Imaginez-vous le SATIS, l’école de cinéma d’Aubagne que nous avons investi, avec une salle de projection transformée en salle de cours, des cabines de montage son transformées en home studio de fortune où les binômes de compositeurs travaillent avec application. Les minces murs de placo ne suffisent pas à atténuer le son des voisins, et on se retrouve souvent à composer dans un contexte polytonal… Mi majeur dans l’oreille droite, Sol mineur dans la gauche… Les instruments résonnent, on s’amuse d’entendre à travers le mur la création en construction de « Woody et les robots » à droite, de « La mort aux trousses » à gauche pendant que nous travaillons sur « Il était une fois dans l’Ouest »…

Les instruments circulent d’une pièce à l’autre, chaque compositeur pouvant devenir momentanément « musicien de studio » pour les autres équipes. L’ambiance est bonne, tout le monde s’applique à créer de la bonne musique, sans aucun esprit de compétition. Tous conscients de la chance que nous avons d’être ici, et de cette parenthèse toute entière consacrée à la musique de film.

Pour ma part, si vous m’autorisez à vous faire part d’un ressenti plus personnel, j’ai des hauts et des bas. Le fait de travailler sur plusieurs projets simultanément, le temps limité que nous pouvons y consacrer, le travail à quatre mains (qui plus est avec Benjamin, musicien très doué qui compose comme il respire après 3 ans à faire du cartoon pour la télévision) et mon perfectionnisme habituel cumulés, sans même parler d’un évènement douloureux que j’ai traversé juste avant de venir,  génèrent un sentiment d’angoisse dont j’ai du mal à me défaire. Chez moi, la musique est un accouchement en douleur. Habituellement je n’écris rien tant que je ne sais pas exactement ce que je veux faire, parfois après plusieurs jours de réflexion. Mais cette manière de faire n’est pas compatible avec ce que la situation exige. En cela, c’est un véritable challenge. Mais comme dit le proverbe latin, « Le courage croît en osant et la peur en hésitant. »

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