Master class de musique de film avec Jean-Michel Bernard, jour 1

Posted on mars 13, 2014

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Ma chambre d’hôtel se transforme progressivement en home studio de fortune.

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Cette première journée de master-class fut tout d’abord consacrée à la mise en place technique de l’espace dédié au cours : audio, moniteurs, clavier de contrôle etc… Une fois l’installation effectuée, nous avons visionné la vingtaine d’extraits de films sur lesquels Jean-Michel a choisi de nous faire travailler. Comme on pouvait s’y attendre, la liste est hétéroclite et les extraits répartis en type d’écriture musicale, plus ou moins canoniques.

« Filature, ne pas se faire entendre »

  • Buffet froid
  • La grande vadrouille
  • No country for old men

« Suspens »

  • Le parrain
  • Voyage au bout de l’enfer

« Menace »

  • La mort aux trousses
  • Les oiseaux
  • Les dents de la mer

« Western »

  • Il était une fois dans l’Ouest

« Paysage, voix off »

  • Des hommes et des dieux

« Gags, burlesque »

  • Woody et les robots
  • Mon oncle
  • Nous irons tous au paradis

Autres : 

  • La science des rêves
  • Being John Malkovich
  • French Connection (la pour suite mémorable)
  • Lost in translation
  • Shining

Films courts de Michel Gondry

  • La lettre
  • L’île aux oiseaux (animation)
  • Un jour ou l’autre (animation)

Les binômes commencent à se constituer. Pour ma part, je me suis associé à Benjamin Ribolet. Nos deux profils sont assez complémentaires, lui est très à l’aise sur l’aspect orchestral. Violoniste formé initialement au conservatoire de Châlon sur Saône, (coïncidence : j’y ai moi-même étudié la composition électroacoustique et les techniques du son il y a de cela presque 10 ans !),  Benjamin a poursuivi son cursus au CNSM de Paris, dans la classe de son, où il a également reçu un enseignement musical (orchestration, écriture, esthétique, direction d’orchestre etc…) en complément des disciplines habituelles de l’ingénierie sonore.

Nous nous sommes retrouvés dans sa chambre en fin de soirée pour visionner à nouveau les extraits de film, les sélectionner et  esquisser quelques idées. Vertige des préliminaires, quand le champ des associations entre images et musique s’ouvre sur un océan de possibles. Je suis rentré fourbu dans ma chambre et me suis absorbé dans un sommeil contraint par la fatigue d’une première nuit nerveuse et agitée. Une idée m’est cependant venue sur l’un des extraits que nous avons sélectionné (« Nous irons tous au paradis ») : traduire le côté flamboyant, digne mais ridicule d’un Jean Rochefort faussement impassible alors qu’il est menacé depuis l’intérieur de sa voiture par un Jean-Pierre Castaldi occupé à réduire en bouillie son véhicule, par une sorte de gigue baroque à la Lully qui évoluerait progressivement vers une valse manouche (instrumentation, harmonie…), comme une sorte de revanche musicale de la force du populaire sur une bourgeoisie orgueilleuse mais timorée. Rien qu’une idée pour le moment, quelques dizaines de mesures esquissées, rien ne garantit pour le moment que cela fonctionnera…mais il faut bien commencer par quelque chose et lancer la machine ! Je vous ferai partager l’avancement de notre travail lors des prochains posts de la série.

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