Master class de musique de film avec Jean-Michel Bernard, jour -1

Posted on mars 12, 2014

3



Je vais tenir au long des 10 prochains jours un journal de la master-class de composition de musique de film au festival du film d’Aubagne sous la conduite de l’illustre Jean-Michel Bernard, pianiste de jazz émérite (accompagnateur notamment de Ray Charles, excusez du peu) et compositeur attitré de Michel Gondry (« Human nature », « la science des rêves », « No sunshine for a spotless mind »…). J’ai eu la chance d’être sélectionné, en repêchage, car un confrère s’est désisté et j’étais number one…sur la liste d’attente. Qui que tu sois, je t’aime, abstentionniste de mon coeur ! J’avais fait une croix sur cette opportunité, réponse négative par mail et voilà qu’au lendemain de la mort de Paco de Lucia, alors que je suis à Cadix en Andalousie pour le carnaval, tâter du flamenco et dévorer des tapas avec un vieux compagnon de route, Aimée (ça ne s’invente pas), une des organisatrices du festival, me demande si je suis toujours disponible du 12 au 22 mars. PARDI OUI !!! Toutes affaires cessantes !

Image

Me voilà. Arrivée à Aubagne après 6h de route, dont une quasi à l’arrêt, suite à l’incendie d’un semi-remorque chargé d’agrumes sur l’autoroute A9. Drôle de vision d’un camion calciné avec des milliers d’oranges éparpillées autour, atomes aux couleurs détonnantes sur un tapis de cendres grises. A l’hôtel, déchargement des instruments emmenés pour la master class : 2 guitares (électrique et classique), une basse, un ukulele, un oud, un kaval, le Push d’Ableton, un clavier maître… J’ai presque vidé mon studio !
On se rend rapidement au restaurant où la première rencontre a lieu avec Jean-Michel Bernard. Regards incertains entre les stagiaires, on s’observe, coups d’oeil furtifs vers le maestro qui très vite déroule le programme des prochains jours ainsi que les détails techniques. Déformation professionnelle sans doute : en musique de film, le temps est compté.
Une tension s’installe, je crois que chacun parlemente intérieurement avec ses peurs et ses doutes d’être à la hauteur de l’évènement. Les dossiers remis à chaque participant contiennent les CV des stagiaires. Les parcours sont riches, pluriels et souvent impressionnants. De quoi étourdir un responsable des ressources humaines ! De ces ressources-là, nous ne manquerons assurément pas.

Les créations des stagiaires seront interprétées lors de la soirée de clôture du festival, le samedi 22 mars. La liste des musiciens invités pour interpréter en direct à l’image nos créations ressemble à un « Who’s who » du milieu musical français et international. Laurent Korcia (violon), Claude Salmieri (percussions, batterie), Jean-Philippe Audin (violoncelle), Philippe Chayeb (basse), Eric Giausserand (trompette), Basile Leroux (guitare) et Marc Chantereau (percussions). Nous sommes plusieurs je crois à tressaillir intérieurement à l’idée d’écrire des parties de violon pour Laurent Korcia, un des plus grands violonistes que la France ait porté.
Et ce n’est pas tout : Bruno Coulais, ami de Jean-Michel viendra pendant plusieurs jours la semaine prochaine nous distiller une leçon magistrale de musique à l’image. « Himalaya », « Océans », « les choristes », « comme un aimant » etc…, l’homme sait de quoi il parle et sa filmographie en tant que compositeur sans égale dans le paysage cinématographique français. Après le repas, nous nous retrouvons entre stagiaires dans une salle de l’hôtel pour faire plus ample connaissance, nous faire écouter nos musiques respectives afin de sonder les multiples combinaisons créatives que la master class va engendrer. Le travail se fera en binôme : Jean-Michel nous proposera une vingtaine de séquences de films que nous devrons mettre en musique au cours des prochains jours. L’ambiance se détend, le champ des possibles s’ouvre dans une excitation presque tangible.
Il est 2h du matin, je devrais dormir mais je sens que l’adrénaline va me maintenir éveillée encore un moment. Today is the day. Je me sens à ma place, plein de reconnaissance que la SACEM, si souvent décriée, organise et soutienne financièrement à 100% une telle initiative.

Pour finir, voici les noms des 10 stagiaires sélectionnées :
Benjamin Ribolet, Eloi Ragot, Nicolas Seguy, Antoine Duchêne, Valentin Lafort, Quentin Fouquet, Ghislain Leclant, François Liétout, Sabrina Duval (on est loin de la parité, mais celle-ci compte double, voire triple) ainsi que votre fidèle serviteur !

Publicités