Quelques syllogismes de Cioran à propos de la musique.

Posted on juin 28, 2012

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ImageLa nuit est tombée. L’orage ou plutôt son éternel retardataire le tonnerre fait résonner les montagnes ariégeoises comme de gigantesques instruments endormis. J’ouvre les « syllogismes de l’amertume » de Cioran. Y puise quelques sentences trouvées au chapitre intitulé « sur la musique », qui m’inspirent et que j’ai envie de partager, une fois n’est pas coutume.

« Sans l’impérialisme du concept, la musique aurait tenu lieu de philosophie : c’eût été le paradis de l’évidence inexprimable, une épidémie d’extases. »

La suivante à laquelle je suis particulièrement sensible :  elle indique que le véritable sentiment religieux ne relève pas de la croyance, mais de l’expérience, fut-elle des sens (et notamment via la musique dans le cas présent). Ce pourquoi Carl Gustav Jung répondait « Je sais » quand on lui demandait s’il croyait en Dieu.

« Sans Bach, la théologie serait dépourvue d’objet, la Création fictive, le néant péremptoire.

S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu. »

« Point de musique véritable qui ne nous fasse palper le temps. »

« L’infini actuel, non-sens pour la philosophie, est la réalité, l’essence même de la musique. »

Et pour finir, à juste titre :

« La musique, système d’adieux, évoque une physique dont le point de départ ne serait pas les atomes, mais les larmes. »

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