A lire : « Acoustic design for the home studio » de Mitch Gallagher

Posted on septembre 21, 2011

4



Les sirènes de la société de consommation sont dangereuses pour le pratiquant du home studio : depuis les années 1990, grâce à la démocratisation d’une bonne partie des outils de studio et l’utilisation de l’ordinateur comme moelle épinière de celui-ci, avoir un environnement de travail de qualité est devenu accessible à un plus grand nombre. Mais en matière de consommation, démocratisation rime souvent avec développement pléthorique de l’offre.

Comme tout passionné, je suis un bon client pour des constructeurs et distributeurs de matériel audio qui compte bien sur mon amour de la musique pour ne pas faire de compromis dans mes investissements matériels. Heureusement une voix intérieure tempère autant que faire se peut cette potentielle fièvre consumériste, en me conseillant avant tout d’avoir une chaîne audio cohérente et de limiter le nombre d’outils à ceux qui me conviennent vraiment et que je suis en mesure de maîtriser.

Pourquoi ce petit laïus post-soviétique d’introduction ? Parce que je veux vous parler aujourd’hui d’un paradoxe dont je n’ai fait que récemment le constat : alors que les constructeurs nous proposent des produits de plus en plus performants, nous les utilisons bien souvent dans un contexte acoustique qui ne leur rendent pas justice.

Lors de mon dernier achat d’enceintes de monitoring, j’ai comme chacun d’entre vous observé les quelques diagrammes techniques que je suis en mesure de comprendre afin d’avoir le sentiment de faire un choix éclairé. Il se trouve que les enceintes que j’ai choisies, les Neumann KH120A, sont remarquables sur le plan des performances compte tenu de leur prix somme toute pas excessif. Si j’observe la courbe de réponse des enceintes, c’est à dire leur aptitude à rendre de manière linéaire chaque fréquence du spectre audible qu’elles sont capables de reproduire, j’ai toutes les raisons de ma réjouir de cet achat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Suite à un récent déménagement, je souhaite faire en sorte que mon « nouveau » home studio soit plus neutre sur le plan acoustique. Auparavant, j’avais vaguement disposé sur le chemin du signal audio quelques carrés de mousse acoustique afin de réduire la réverbération et l’écho flottant. Cherchant de forums en articles un moyen de mener à bien cet objectif, je suis tombé sur l’ouvrage de Mitch Gallagher intitulé « acoustic design for the home studio ». Si je savais que mon installation précédente n’était pas idéale, je ne mesurais pas qu’elle était à ce point catastrophique pour quelqu’un qui prétend faire du mixage et des prises de son. Pour m’en convaincre, il m’a suffit de regarder les diagrammes de réponses en fréquence d’une pièce typiquement utilisée pour un home studio telle une chambre: l’amplitude entre les creux et les bosses peut atteindre 50dB sans sourciller. Ceci est dû en particulier aux phénomènes d’annulation ou d’addition qui se produisent dans la partie basse du spectre (de 20Hz à 200Hz), où les longueurs d’onde sont importantes. Dans un espace aux dimensions modestes, le risque d’accumulation ou de neutralisation y est accru.

 

 

 

Note : chaque unité verticale correspond à une différence de 10 dB.

Ma première réaction fut de penser : c’est bien la peine de pinailler sur 2 ou 3 dB de différence dans la courbe de réponse de mes enceintes si c’est pour en avoir 50 dB dans la pièce dans laquelle je travaille.

Ma décision est prise, d’autant que le coût est relativement mineur comparé aux autres postes de dépenses d’un home studio : un grand nombre de choses peuvent être faite avec un doigt de bricolage, des matériaux simples et … des informations pertinentes, ce que le livre de Mitch Gallagher vous apportera. Vous y trouverez en première partie (Acoustics and sound control) :

  • Quelques rappels utiles (ex : notions d’acoustique de base ; ne pas confondre isolation et traitement acoustique etc…)
  • les critères acoustiques d’une pièce (réponse en fréquence, déclin et révérbération…)
  • une explication des modes propres
  • une dénonciation des mythes acoustiques encore en vogue qui vous évitera de collectionner les boites d’oeufs dans votre cuisine ou de mettre de la mousse d’emballage sur les murs.

En deuxième partie (Treating your studio) :

  • Comment choisir la pièce la plus adaptée
  • faire des mesures
  • placer les moniteurs judicieusement ainsi que les traitements acoustiques

En troisième partie (Studio gallery), différents cas de pièces à traiter sont évoqués, avec leurs problèmes propres et les réponses qui y ont été données, le tout abondamment illustré.

Le plus : les différentes réponses apportées sont données par budget croissant. La première configuration fait uniquement appel à ce que l’on peut trouver dans l’environnement domestique : coussins absorbants, canapés bass trap, couvertures, bibliothèques « diffuseuses ». En second, les configurations proposent de l’achat de matériel spécialisé (pas si cher) ou la construction de panneaux acoustiques fait maison. Enfin, l’auteur a soumis un projet de studio à trois concepteurs professionnels : leurs réponses sont documentées et on apprend beaucoup des tenants et des aboutissants en les comparant.

Tout ce que l’on peut reprocher à « acoustic design for the home studio » est peut-être sa mise en page peu soignée et le fait que j’aurais aimé que l’auteur, sans se départir de la volonté de vulgarisation qui lui fait honneur, soit parfois plus précis.

J’ai reçu hier un micro de mesure bon marché (Behringer ECM 8000 ; 40€ environ !) recommandé par l’excellent Ethan Winer, autre guru du traitement acoustique que vous pouvez lire sur la toile en attendant l’ouvrage de Mitch Gallagher. Je publierai les avancées relatives au traitement de mon studio : mesures, construction des panneaux… vous saurez tout !

Et vous ? Avez-vous déjà pris en main sérieusement l’acoustique de votre home-studio ? Des conseils ? Des retours d’expérience ?

Publicités